Le jeu en maternelle

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Pour Montaigne, « le jeu devrait être considéré comme l'activité la plus sérieuse des enfants ». Or qui n’a pas entendu dire : travaille et tu joueras quand tu auras fini ? Le jeu s’apparentant à une récompense de la tâche demandée par l’enseignant.

1/ Définition du jeu

Un jeu est par définition une activité permettant à celui qui joue de conduire une activité non totalement définie. Le jeu est donc une activité libre, non imposée mais aussi non contraignante dans le sens où elle doit être divertissante sans utilité matérielle. A l’heure où les enfants doivent entrer dans leur rôle d’élève, cela semble difficile pour l’enseignant d’arriver à mener des apprentissages dans un contexte d’activité libre. La frontière entre l’animateur et l’enseignant est donc à poser.

2/ Pourquoi jouer ?

Durant leur scolarité à l’école maternelle, les élèves vont subir des changements au niveau de la socialisation, de la communication ou encore des capacités motrices ou cognitives.

C’est en cela que le jeu à un rôle important. Pour les jeunes enfants c’est un moyen d’apprentissage qui va mobiliser tous ses sens : la vue, le toucher. Ils vont agir, s’emparer du monde et expérimenter pour apprendre.

Le ministère propose une catégorisation des jeux sur Eduscol :

Ces modalités de jeu sont à varier suivant l’âge de l’enfant et les modalités de travail (groupe, autonomie, étayage de l’enseignant) .

A/ Les jeux d'exploration

Ce sont des jeux sensori-moteurs, de manipulations, d’expérimentations qui échappent à tout guidage de l’adulte et ne répondent à aucune fonction utilitaire.

C’est l’enfant qui va créer son propre cheminement d’apprentissage ; cela passe par des mises en œuvre comme du petit matériel : bouchons, bac à eau, sable, terre dans lequel l’élève peut laisser parler ses sens. Les transvasements à l’aide d’outils type pinces visent le développement des sens et la prise de décisions de l’élève aussi bien que les jeux d’empilement ou les puzzles.

Ce lien propose une exploitation du bac à graine dans une classe de petite section.

B/ Les jeux symboliques

Les jeux symboliques sont des jeux d’imitations (docteur, poupée, dînette) dans lequel les élèves changent de rôle. Ils assument ainsi une posture différente, celle d ‘un adulte, d’un docteur. Si au départ la présence de l’enseignant est nécessaire pour acquérir du lexique et contrôler les structures syntaxiques, les élèves s’approprient seuls cet espace de jeu symbolique.

Une année de jeu pour apprendre, aux éditions Nathan et expliqué dans l'une des ressources de la classe de Laurène. Celle-ci donne des idées d’exploitation et de séance sur les différents types de jeu.

C/ Les jeux de construction comme les Lego, Kapla ou meccano

Il permet le développement d'habiletés motrices et le développement d'une attitude exploratrice et créatrice. L’enfant utilise du matériel pour construire ou créer des objets – pâte à modeler, briques, planchettes, blocs à assembler sans ou avec emboîtement ou dispositif de liaison, puzzles, dessins, productions...Il réalise selon ses propres choix ou selon des directives, au moyen de matériel diversifié tant dans la forme que la matière ou les propriétés.

Retrouver des fiches modèles pour différents jeux de construction à faire évoluer au cours de l’année.

D/ Les jeux à règles (bien souvent des jeux patrimoniaux tels que le jeu de l’oie, les petits chevaux)

Ils permettent d'améliorer les habiletés langagières et la socialisation. Les élèves attendent leur tour de jeu, adaptent une stratégie. De plus cela favorise l'attention, la résolution de problème et l'inhibition (contrôle de soi si l’élève perd, la persévérance). Dans ce type de jeu à règles, l’enseignant à un rôle fort d’étayage visant l’autonomie des élèves.

3/ Le rôle de l’espace

Il est important de mettre en place un contexte favorable à ces situations de jeu. Cela passe par une organisation de classe avec des affichages thématiques (règles de jeu, fiches de construction) et une rotation des jeux proposés qui sera réfléchie par l’enseignant afin de créer une stimulation et un contexte riche et varié.

L'enseignant utilise le jeu comme un outil pédagogique, sans perdre de vue que jouer pour un enfant est une fin en soi

4/ Le rôle de l’enseignant

Afin de ne pas être l’animateur, l’enseignant doit viser un apprentissage. Il a un rôle d’étayage langagier permanent avec des objectifs précis définis en amont. Il doit ainsi expliciter et reformuler les consignes ou les actions effectuées par les élèves (je mets une brique sur le haut de la tour..). Il rend ainsi visible l’activité de l’élève et favorise les interactions.

L’enseignant a aussi un rôle d’évaluateur/ observateur de manière à pouvoir adapter les situations aux besoins de chacun. Il vise un passage du jeu libre au jeu structuré et toute la différence avec un temps périscolaire.

Alors, à vous de jouer !

Caroline, conseillère pédagogique

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